Dieu guérit-il toujours ?
Lecture : Luc, 5:17-26
dimanche 25 novembre 2007
Si vous aviez appris cette semaine que vous étiez atteint d’un mal qui menacerait votre vie ou qui porterait lourdement atteinte à votre manière de vivre, comment réagiriez-vous ?
Comme moi vous ne le savez probablement pas !
Mais sur quel modèle désireriez-vous réagir ?
Qu’est-ce qui vous semblerait une attitude marquée de maturité chrétienne ?
Cette question n’est pas dénuée de sens. Statistiquement, il y a de fortes probabilités un grand nombre parmi nous soient confrontés, surtout l’âge venant à une maladie potentiellement létale ou invalidante.
L’évangile selon Luc commence le récit de l’activité de Jésus par une insistance sur sa compassion à l’égard des malades. Déjà en 4, 40 Luc atteste qu’une foule important est conduite vers Jésus pour être guérie, suite à la guérison de la belle-mère de Pierre. Jésus enseigne mais son enseignement est accompagnée d’actes de puissance par lesquels des hommes et des femmes sont guéris de leurs maladies et de leurs infirmités.
A Capharnaüm, ce jour là, Jésus enseigne. Il y a là un nombre important de pharisiens et de maîtres de la Loi. Mais Luc prend soin, fin du v. 7, de préciser que la puissance du Seigneur est avec Jésus pour qu’il opère des guérisons.
Ce jour là, des hommes font preuve d’une persévérance étonnante pour conduire un ami handicapé auprès de Jésus. Jésus voit dans leur attitude, ils ont démonté la toiture pour passer le brancard à travers une manifestation de foi.
J’aimerai tant que vous soyez capables de démonter quelques vieilles toitures pour mieux vous approcher de Jésus.
Devant cette foi, Jésus déclare au paralysé : « Tes péchés sont pardonnés ! ».
Là, tout se gâte. Cette parole est entendue par les maîtres de la Loi comme un blasphème. Dieu seul a l’autorité pour déclarer le pardon des péchés.
Alors Jésus les interroge : « Qu’est-ce qui est le plus facile, dire ou guérir ? » !!!!!
Pour établir qu’il a autorité pour pardonner les péchés, Jésus guérit cet homme, lequel se lève et rentre chez lui en glorifiant Dieu. D’ailleurs, tous glorifient Dieu, disant : « nous avons vu des choses étranges aujourd’hui ».
Tirons quelques enseignements.
1) De l’ensemble des évangiles nous recevons le témoignage d’une compassion profonde de Jésus envers les malades. La relation aux malades doit demeurer une relation de compassion.
2) Que contrairement à ce que l’on pense, il n’était pas considéré comme normal du temps de Jésus que des miracles surviennent. On en parlait beaucoup, on n’en voyait peu ! La foule est stupéfaite. L’incrédulité n’est pas une invention des temps modernes !
3) La guérison est le signe d’une réalité plus profonde, moins visible, l’autorité de Jésus pour que nos péchés soient pardonnés.
4) Que la rumeur de guérisons a un impact considérable sur les populations. v. 15 & 16, « de grandes foules se rassemblent, ... mais Jésus se retire dans les déserts pour prier ». Jésus manifeste à la fois une vraie compassion et une capacité à prendre de la distance avec l’attente des foules.
Question du Parcours Alpha vendredi : « Dieu guérit-il aujourd’hui ? »
Réponse “oui”. Dans cette Eglise nous le savons mieux que d’autres. N’avons-nous pas été témoins de la guérison d’Esther ?
A plusieurs reprise il m’a été accordé d’être le témoin privilégié de guérisons qui de façon peu discutable résultaient de la prière. [ brèves références à des expériences pastorales directes]
Aujourd’hui, dans notre pays le soin apporté aux malades est pris en charge par des médecins très compétents. Nous reconnaissons pleinement la grâce de Dieu dans ces compétences. Nous rendons grâce à Dieu pour le médecin comme pour le boulanger. Pourtant la maladie demeure souvent une angoisse. En elle se manifeste une peur, une inquiétude. Elle nous rappelle le caractère provisoire de notre existence, que nos jours ne sont pas éternels. La maladie demeure un temps difficile à vivre , un temps d’épreuve.
Nous rendons grâce à Dieu pour les encouragements que nous recevons par des guérisons en lien indiscutables avec nos prières. Ces guérisons demeurent des signes de la compassion de Dieu et de sa puissance vivifiante. Pour autant, l’Eglise n’est pas la “Clinique du Miracle assuré”. Vie et mort demeurent dans la souveraine liberté de Dieu et l’une comme l’autre se reçoivent dans l’assurance de sa présence et de son amour.
Avez-vous remarqué que les épîtres ne font pas référence aux guérisons opérées par Jésus ?
Pourquoi ?
Parce qu’entre le ministère de Jésus et le temps de l’Eglise, il y a la Croix. Il y a la Résurrection de Jésus et que cette résurrection de Jésus nous dit les deux vérités fondamentales : notre péché est effacé la mort est vaincue
Le but de l’Evangile n’est pas de nous attacher à cette vie présente comme si toute vérité n’était qu’en elle.
Avoir été le témoin d’une guérison, avoir été soi même le sujet d’une guérison, doit nous débarrasser, nous libérer, nous décharger de l’angoisse de la maladie et de la mort. Cela doit nous conduire à l’assurance paisible que Jésus a vaincu la mort.
La maturité chrétienne n’est pas de rechercher à tout prix la guérison, mais d’être habité d’une telle assurance dans la foi que vivre ou mourir n’est plus un enjeu angoissant.
Oui, Dieu guérit aujourd’hui et seul un positivisme arrogant peut le nier.
Oui, la guérison n’est pas une fin en soi, mais c’est le signe de la compassion de Dieu envers nos souffrances et nos inquiétudes.
Recevoir de Jésus l’assurance de la vie éternelle doit nous libérer d’une relation obsédante à la guérison. J’espère que Dieu me guérira, mais si ce temps est celui où dans sa souveraineté ma vie terrestre s’achève, je veux accueillir ce temps dans sa paix.
La maladie est aussi l’occasion de manifester de la compassion et de la solidarité ; d’accomplir ensemble des actes de foi et d’accueillir ensemble ce que la grâce souveraine de notre Dieu nous accordera. Nous nous opposons aux pseudos prédicateurs qui font de la souffrance et de l’inquiétude des hommes un business ; qui le font par amour de l’argent, sans aucune vraie compassion.
Nous prions pour les aumôniers qui jours après jours accompagnent les malades dans les hôpitaux
Nous prions pour tous les chrétiens engagés professionnellement auprès des malades, pour que la compassion du Christ se manifeste dans leur attitude, dans leur disponibilité, dans leur patience.
Que le Seigneur nous accorde une foi pleine de sagesse et une sagesse pleine de foi pour accueillir avec reconnaissance tout ce que sa main nous donne et pour marcher sir tous les chemins sur lesquels il nous conduit.
vendredi 11 janvier 2008
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