LA BIBLE EST-ELLE CRÉDIBLE ?
Introduction
“ Ce n’est pas parole d’évangile ”. Cette expression populaire montre bien le problème qui se pose
à l’homme : savoir ce qu’est la vérité. Qui croire, que faire pour répondre aux questions
essentielles : “ qui suis-je, d’où viens-je, ou vais-je ? ” Il existe aujourd’hui plusieurs livres dits
“ sacrés ”, qui interpellent l’homme d’aujourd’hui quant à lui et à son avenir. Retenons parmi ceuxci
le Coran, la Bagavad Gita, le livre de Mormon.
Ces livres parlent de Dieu ou de divinités, et de l’hitoire de l’homme responsable de ses actes, et
inquiet pour son avenir. Mais ils n’ont pas le même message concernant la personne de Dieu. Si
l’homme est inquiet de rejoindre l’au-delà, et d’y rencontrer Dieu, dans le Coran, il peut espérer la
clémence de celui-ci par les bonnes oeuvres qu’il aura faites sur terre ; dans la Bagavad Gita, il lui
faudra bien regarder à Krishna quand ce temps viendra ; dans le livre de Mormon, les actes
accomplis sur terre lui vaudront une destinée plus ou moins glorieuse.
Dans la Bible, le message est différent : “ Tous ont péché et n’accèdent pas à la présence glorieuse
de Dieu ” (Ro 3.23). On lit également qu’il n’appartient pas à l’homme de racheter son âme, “ il
faut qu’il y renonce à jamais ” (Ps 49. 8). Par ailleurs, celui qui condamne la faute, Dieu, sauve le
fautif, selon les paroles de Jésus : “ Je ne suis pas venu pour juger mais pour sauver ” (Jn 3. 17) et
“ Celui qui croit au Fils a la vie éternelle, mais celui qui ne croit pas au Fils, la colère de Dieu
demeure sur lui ” (Jn 3. 36)
Savoir si le message de la Bible est recevable, et si la Bible est fiable, quant à ses origines, ses
traduction est donc une recherche dont l’enjeu est considérable.
Un peu d’histoire
On pense que c’est Jean Chrysostome, patriarche de Constantinople (398-404 ap JC) qui, le
premier, employa le mot grec “ biblia ”, “ les livres ”, pour désigner les livres sacrés. L’absence de
qualificatif devant le mot “ biblia ” révèle que ceux qui l’employaient considéraient ces écrits
comme formant un ensemble particulier, et supérieur aux autres oeuvres littéraires. Les livres de la
Bible ont été regroupés à partir du deuxième siècle de notre ère dans ce qui s’appelle le “ canon ” de
la Bible. Il a été définitivement entériné à la fin du IVè siècle.
La Bible, livre des records
Premier livre imprimé, le plus vendu au monde, plus d’un chaque seconde dans le monde, le plus
traduit (2212 langues en 1999), le plus interdit, il serait logique qu’il soit aussi le plus lu !
Sa composition
La Bible referme l’Ancien et le Nouveau Testament, autrement dit, l’ancienne alliance, l’alliance
que Dieu fit avec le peuple d’Israël et la nouvelle, celle qui est rendue accessible à tous grâce à la
mort de Jésus-Christ.
- Dans l’Ancien Testament, les cinq livres de la loi, de la Genèse au Deutéronome, sont
aussi appelés le Pentateuque. Ces cinq livres forment la base de toutes les lois juives. Le
Pentateuque contient quelques-uns des évènements historiques les plus connus racontés dans la
Bible. Ces récits sont la création, le déluge, l’exode hors d’Egypte et le don de la loi juive à travers
Moïse.
Il y a douze livres d’histoire, de Josué à Esther. Ces livres continuent la narration de l’histoire de la
nation juive depuis l’établissement dans le pays de Canaan, le temps des rois, les années passées en
captivité à Babylone et finalement le retour de l’exil.
Les cinq livres de poésie, appelés aussi “hagiographes”, de Job au Cantique des Cantiques, ont été
écrits par plusieurs auteurs et ont également un contenu didactique et éthique.
Les dix-sept derniers livres de l’Ancien Testament, d'Esaïe à Malachie, sont des livres
prophétiques.
- Dans le Nouveau Testament, les livres historiques sont les Evangiles, qui couvrent 30 ans
avant la mort de Jésus Christ et le livre des Actes des apôtres, 30 ans après. Ils forment aussi la base
de la révélation chrétienne.
Les 21 écrits suivants sont didactiques :
• 14 épîtres de Paul (en supposant qu’il soit l’auteur de l’épître aux Hébreux)
• 7 autres épîtres dites “ catholiques ” ou “ universelles ” car elles s’adressent à tous.
Et le dernier livre est prophétique: l’Apocalypse, qui signifie “ révélation ”.
Transmission
Les archéologues et les historiens montrent que l’écriture apparaît et évolue, depuis environ 3200 av
JC jusqu’au premier millénaire av JC, quant à sa forme et quant aux supports d’écriture : pierre,
argile, papyrus, fragments de poterie… A partir de l’ère chrétienne, apparaissent le parchemin, ou
peau animale traitée, le papier, puis les supports dits modernes, radio, cassettes, documents
numériques…
On ne connaît pas d’original du texte biblique, mais beaucoup de manuscrits : 2000 pour l’Ancien
Testament, 5600 pour le Nouveau, sur l’ensemble desquels on a noté 200 000 variantes du texte,
mais un texte commun à 98,33%. Ces documents ont été reproduits avec beaucoup de rigueur, une
rigueur qui a été confirmée par la découverte en 1947 des “ manuscrits de la Mer Morte ”, à
Qumran. Le manuscrit “ 7Q5 ”, par exemple, fragment de l’Evangile de Marc, montre que cet
évangile a été écrit avant l’invasion de la Palestine par Titus, en 70 de l’ère chrétienne. Ces
découvertes, ainsi que l’ensemble des manuscrits connus à ce jour permet de penser avec certitude
que des écrits nous ont été transmis avec une grande fidélité. Les témoignages d’hommes célèbres
ne manquent pas pour le confirmer.
Traduction
Pour beaucoup, l’hébreu et le grec ne sont pas des langues connues. Bien que le message biblique
soit universel, il n’est donc pas à la portée de tout le monde s’il n’est pas traduit. Toutes les
traductions de la Bible se font aujourd’hui à partir des originaux hébreux et grecs et rendent ainsi le
texte accessible. Si elles présentent entre elles des particularités, des différences, il est toujours
intéressant de les considérer. Mais elles ne remettent pas en question le message fondamental.
Inspiration
La question que l’on doit se poser est : “ Comment peut-on être sûr que la Bible est véritablement
Parole de Dieu ? ” Si l’on ne peut que donner une opinion de ce qu’est la Bible, il faut néanmoins
souligner qu’elle parle de la part de Dieu, comme faisant référence absolue, dans l’Ancien comme
dans le Nouveau Testament.
Parmi les éléments qui nous interpellent, notons la complexité numérique des textes avec ses
entrelas de goupes de sept ; notons aussi les nombreuses prophéties de l’Ancien Testament, et en
particulier celles qui concernent le Messie. On en dénombre plus de 300 qui se réalisent dans la vie
de Jésus-Christ.
L’unité du message est aussi à remarquer : entre Moïse et Jean, le premier et le dernier des auteurs
bibliques, on estime qu’il s’est passé environ 1500 ans. La différence de culture, de moyens, et de
perspectives n’a pas été un obstacle pour un message cohérent et universel.
Message
La Bible est le livre où Dieu parle. Dieu s’y révèle comme unique, personnel, créateur. Il nous
avertit de notre éloignement de lui, de notre incapacité à nous améliorer, à être juste.
L’aboutissement du message divin est dans l’incarnation, la venue de Jésus comme visitation de
Dieu. La Bible dit : “ Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même ” (2Corinthiens 5.
19) Jésus est le seul chemin vers Dieu, le seul médiateur entre Dieu et les hommes. Il apporte le
salut, la réconciliation avec Dieu à quiconque reconnaît ce qu’il est, son incapacité à vivre ses
aspirations et reçoit Jésus comme son sauveur. Dieu a jugé nos fautes en Jésus, celui-ci s’étant
donné volontairement pour l’homme. Il appartient à l’homme de recevoir ce message, et de vivre
une relation nouvelle avec Dieu, puissante pour guérir, pour relever, pour combler, en bref, pour le
connaître.
Conclusion
Si les livres “ sacrés ” montrent tous le problème de l’homme, savoir son imperfection et la
culpabilité qui en découle, seule la Bible apporte une solution radicale à cela, par la vie, la mort et la
résurrection de Jésus.
L’histoire et la recherche scientifique nous montrent de plus l’authenticité de ce livre qui a parcouru
les siècles.
Si nous sommes d’accord avec la plupart pour évoquer clairement la réalité et le problème de notre
imperfection, nous constatons que ce livre est un message vivant et actuel, bien qu’ancien, et nous
pouvons estimer qu’il est un fondement fiable pour répondre aux questions qui concernent notre
avenir éternel. Prenons donc le temps de l’examiner, d’apprendre à le parcourir, à le lire, à connaître
son auteur et la vie abondante qu’il nous appelle à vivre. “ Dieu était en Christ, réconciliant le
monde avec lui-même, ne leur imputant pas leurs fautes… Soyez réconciliés avec Dieu ! Celui qui
n’a pas connu le péché, [Christ], Dieu l’a fait péché pour nous afin que nous devenions justice de
Dieu en lui ” (2Co 5. 17-21)
mardi 15 avril 2008
vendredi 11 avril 2008
Il est facile d' aimer et de bénir ceux avec qui il est agréable de vivre, ceux qui donnent à notre existence la dimension du bonheur et de la plénitude.
Mais il est contraire à notre nature d' entendre Jésus nous dire :
"Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour ceux qui vous maltraitent et vous persécutent..." Matthieu 5. 44
Tout d' abord, je m' aperçois que par moi-même je ne sais pas, je ne peux pas aimer! _C' est pourquoi Jésus poursuit en nous donnant cette promesse :
"Demandez et l' on vous donnera, cherchez et vous trouverez, frappez et l' on vous ouvrira..." Matthieu 7.7-11
Même là j' hésite, c' est dans la nature humaine d' haïr et de maudire ceux qui nous humilient, nous oppriment, et nous étouffent parfois jusqu' à la mort. _Je ne le peux pas, mais aussi je ne le veux pas.
L' apôtre Paul, a vécu un tel déchirement lorsqu' il écrit :
"...j' ai la volonté mais non le pouvoir de faire le bien...je trouve en moi cette loi; quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi...misérable que je suis, qui me délivrera de ce corps (notre nature insoumise à Dieu) qui m' entraîne à la mort? Dieu soit loué, par le Messie Jésus..." Romains 7.14...25
Ainsi, il existe un espoir bien réel, l' ETERNEL notre Dieu veut et peut nous donner la force d' aimer comme il a lui-même aimé.
"...Si Dieu nous a tant aimés, nous devons nous aussi nous aimer les uns les autres...nous aimons parce que Lui nous a aimés le premier" 1 Jean 4.11...19
Cet amour a conduit le Messie à donner sa vie comme le prophète esaie l' avait annoncé à nos pères :
"...frappé de Dieu et humilié, il a été transpercé à cause de nos fautes. Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur Lui... Il s' est livré lui-même à la mort... et Il a intercédé en faveur des coupables" Esaie 53
Nous apprenons, chaque jour et chaque minute, que Jésus nous a précédés sur le chemin étroit où Il veut que ses disciples marchent. Il nous en donnera la force. Ainsi nous serons les fils de notre Père qui est dans les cieux, Lui qui fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, Lui qui fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Matthieu 5.45-48
BENIR
Pour ceux qui marchent à nos côtés, notre voeu est que dans l' unité et la complémentarité nous tenions ferme jusqu' à la fin. _Et pour ceux qui nous haïssent et nous maltraitent, que Dieu Lui-même mette en notre coeur cette ardente prière : Seigneur , qu' ils apprennent à connaître Ton Amour et qu' ensemble nous marchions à ta rencontre!
Amen
Fabrice
Mais il est contraire à notre nature d' entendre Jésus nous dire :
"Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour ceux qui vous maltraitent et vous persécutent..." Matthieu 5. 44
Tout d' abord, je m' aperçois que par moi-même je ne sais pas, je ne peux pas aimer! _C' est pourquoi Jésus poursuit en nous donnant cette promesse :
"Demandez et l' on vous donnera, cherchez et vous trouverez, frappez et l' on vous ouvrira..." Matthieu 7.7-11
Même là j' hésite, c' est dans la nature humaine d' haïr et de maudire ceux qui nous humilient, nous oppriment, et nous étouffent parfois jusqu' à la mort. _Je ne le peux pas, mais aussi je ne le veux pas.
L' apôtre Paul, a vécu un tel déchirement lorsqu' il écrit :
"...j' ai la volonté mais non le pouvoir de faire le bien...je trouve en moi cette loi; quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi...misérable que je suis, qui me délivrera de ce corps (notre nature insoumise à Dieu) qui m' entraîne à la mort? Dieu soit loué, par le Messie Jésus..." Romains 7.14...25
Ainsi, il existe un espoir bien réel, l' ETERNEL notre Dieu veut et peut nous donner la force d' aimer comme il a lui-même aimé.
"...Si Dieu nous a tant aimés, nous devons nous aussi nous aimer les uns les autres...nous aimons parce que Lui nous a aimés le premier" 1 Jean 4.11...19
Cet amour a conduit le Messie à donner sa vie comme le prophète esaie l' avait annoncé à nos pères :
"...frappé de Dieu et humilié, il a été transpercé à cause de nos fautes. Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur Lui... Il s' est livré lui-même à la mort... et Il a intercédé en faveur des coupables" Esaie 53
Nous apprenons, chaque jour et chaque minute, que Jésus nous a précédés sur le chemin étroit où Il veut que ses disciples marchent. Il nous en donnera la force. Ainsi nous serons les fils de notre Père qui est dans les cieux, Lui qui fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, Lui qui fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Matthieu 5.45-48
BENIR
Pour ceux qui marchent à nos côtés, notre voeu est que dans l' unité et la complémentarité nous tenions ferme jusqu' à la fin. _Et pour ceux qui nous haïssent et nous maltraitent, que Dieu Lui-même mette en notre coeur cette ardente prière : Seigneur , qu' ils apprennent à connaître Ton Amour et qu' ensemble nous marchions à ta rencontre!
Amen
Fabrice
mercredi 2 avril 2008
L'église
L'Eglise
Ephésiens 5 : 26 à 32
L'Eglise, dans la perspective de la Bible entière, est ce à quoi conduit l'oeuvre de Jésus-Christ le Fils de Dieu et celle du Saint-Esprit, envoyé précisément pour faire fructifier l'oeuvre de Jésus-Christ. Le Christ a souffert la croix en vue de la joie qui lui était proposée, celle de voir se constituer l'Eglise. C'est pour l'Eglise qu'il s'est lui-même livré, c'est l'Eglise qui semble avoir été le but de l'oeuvre de Dieu. Dès avant la fondation du monde, le Père a conçu son plan, a envoyé son Fils et son Esprit pour que l'Eglise soit.
On peut aisément imaginer une objection à ce propos : " Le but visé par Dieu dans le déroulement de toute son oeuvre, n'est-ce pas sa gloire ? " C'est en effet pour la gloire de Dieu que toute chose finalement se déroule, et la vision finale de l'Apocalypse nous montre le terme de toutes les voies de Dieu : de nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justice habitera.
L'Eglise, but de l'oeuvre de Dieu, n'est pas en contradiction avec cela. Car la gloire de Dieu est le rayonnement de sa bonté, le resplendissement de ce qu'il est, et le miroir dans lequel la lumière de la bonté divine resplendit est l'Eglise. C'est la gloire de Dieu que l'Eglise fait briller (Ephésiens 3), l'Eglise est le lieu même où cette gloire veut briller à jamais.
Au coeur du monde nouveau, dans la vision de l'Apocalypse, se trouve Jérusalem. Or Jérusalem est le nom donné à l'Eglise parvenue à sa plénitude finale, dans toute sa pureté ! Actuellement, l'état de l'Eglise est, comme le disait Calvin, celui d'une "pauvrette Eglise ". Mais elle sera le centre même du monde nouveau. Et dès le temps présent , nous qui faisons partie de l'Eglise de Dieu, sommes appelés " les prémices des nouveaux cieux et de la nouvelle terre " (Jacques 1 :18).
L'Ecriture parle de l'Eglise principalement de deux façons : (1) l'Eglise universelle, qui rassemble tous les enfants de Dieu de tous les temps et en tous lieux, et (2) les Eglises locales. Ce sont ces deux usages que l'on repère dans le Nouveau Testament, l'un et l'autre étant employés chacun une fois par Jésus lui-même. On ne sait pas avec certitude quels sont les mots que Jésus a employés (probablement en araméen ou en hébreu), mais dans la traduction grecque, c'est le mot ekklèsia - Eglise - qui est employé dans les deux cas. Si le même mot est employé, c'est bien sûr parce qu'il existe un lien : l'Eglise locale doit être autant que possible, dans un lieu et dans un temps donnés, la concrétisation, l'image fidèle de l'Eglise universelle.
I - L'Eglise avant l'Eglise
Parler de l'Eglise avant l'Eglise, c'est poser la question : " Pourquoi l'Eglise ? "
Une réponse très générale pourrait être parce que cela plait à Dieu ! C'est sa volonté et cela pourrait suffire ! Mais allons plus loin...
Nous pouvons constater que cette volonté de Dieu est présente dès le début de l'histoire de Dieu avec l'humanité. La première chose dite par Dieu à propos de l'être humain est : " Il n'est pas bon que l'homme soit seul " (Genèse 2). Certes, l'individu compte aux yeux de Dieu qui nous connaît chacun par notre nom. Mais il ne veut pas que nous soyons simplement des individus juxtaposés. Le propre de l'être humain est un noyau irréductible qui fait qu'il est lui-même et non un autre. Cet unique, Dieu le connaît, le veut comme tel, et l'a prédestiné dès avant la fondation du monde. Mais il existe aussi une dimension selon laquelle les humains sont membres les uns des autres : ils tiennent les uns aux autres, dépendent les uns des autres, sont influencés, éduqués, informés les uns par les autres. Nous sommes ainsi faits et cela fait partie de notre être. On sait d'ailleurs que les enfants qui ne reçoivent pas les soins de personnes humaines, même s'ils peuvent subsister physiquement, ne se développent pas humainement. L'être humain est un être relationnel, un être communautaire, et cela nous montre que la volonté de Dieu est un salut qui aboutit à une communauté, à l'ensemble lié qu'est l'Eglise, et non à une simple addition d'individus sauvés.
Il faut nous rappeler que, s'il n'est pas bon que l'homme soit seul, Dieu, qui l'a créé en son image, n'est pas seul non plus. Il est unique, un seul Dieu, mais il n'est pas solitaire, car il est Père, Fils et Saint-Esprit. En Dieu sont plusieurs personnes, il est lui aussi une communauté, il possède en lui-même la richesse de la vie de relation. C'est la raison même pour laquelle il a voulu que l'être humain, créé en son image, soit un être qui vive communautairement.
On voit comment Dieu a voulu que sa grâce se déploie dans une vie communautaire dès l'Ancien Testament. Citons pour exemples : - la lignée de Seth dans Genèse 4; - la famille de Noé : Dieu a voulu sauver Noé avec toute sa famille même si seul Noé était " juste et intègre " ; - la lignée d'Abraham et sa postérité, avec qui Dieu constitue une alliance qui les lie aussi les uns aux autres ; - puis la reprise de l'alliance lorsque les descendants d'Israël sont constitués en nation sainte, mise à part pour appartenir spécialement à Dieu. Or il apparaît très vite que ce peuple n'était pas homogène : c'était un peuple où se mélangeaient d'authentiques croyants et de nombreuses personnes qui n'étaient israélites qu'extérieurement ; - Les prophètes ont développé deux thèmes liés l'un à l'autre : le premier est celui du reste fidèle qui hérite des promesses, qui constitue le véritable Israël et hérite du salut. Cela démontre qu'il ne suffit pas d'être né selon la chair israélite pour bénéficier de la grâce de Dieu. Le deuxième est le thème d'un grand tri : une séparation va se produire, un jour vient où la distinction apparaîtra. Dieu va passer au crible la nation et séparer les pécheurs impénitents et ceux qui croient en son nom. Cela correspond aux promesses d'Esaïe qui annonce que la future Jérusalem ne sera composée que de justes et que tous ses fils connaîtront l'Eternel ; - Plusieurs siècles passent sans nouveau prophète, jusqu'à ce qu'un homme s'impose comme prophète véritable de Dieu : Jean annonce que le grand tri est arrivé et propose un geste symbolique, un bain pa r lequel ceux qui acceptent de se repentir reconnaissent qu'ils ont besoin d'être purifiés et se mettent du côté de Celui qui vient.
Cette cohérence tout au long de l'Ecriture, la force de la volonté que marque le Seigneur de lier les uns aux autres ceux qui sont au bénéfice de sa grâce, c'est la préparation de l'Eglise. Un chrétien qui se complait dans l'isolement est très suspect bibliquement.
II - Quatre images de l'Eglise
Le Nouveau Testament emploie quatre images principales pour décrire cette Eglise qui, après le ministère de Jean Baptiste, a été bâtie par le Seigneur Jésus-Christ et par son Esprit.
1. Le peuple ou la cité
L'Eglise est le peuple de Dieu, c'est l'Israël spirituel et non plus charnel. Elle est aussi appelée la Jérusalem d'en haut. C'est l'image " politique " de l'Eglise.
Elle est constituée par les personnes, et non par un bâtiment de pierre ou de béton. Il en est de même pour la reprise de l'image du tabernacle. En toute rigueur, le Tabernacle était un temple portatif léger. Or l'Ecriture dit très clairement que nous sommes le temple du Seigneur.
L'Eglise implique une citoyenneté : il faut avoir droit de cité. Nous l'avons acquise par la grâce de Dieu. Elle est une cité, céleste dans son origine, dont tous les fils sont instruits de l'Eternel d'une manière personnelle et dans laquelle on entre par la nouvelle naissance et l'adoption divine. Tout peuple, toute cité, a une constitution, une charte avec des lois, des services, des officiers : il en est de même dans l'Eglise. La charte de l'Eglise est la Bible, la confession de foi et les statuts correspondent à la " cité de l'Eglise ".
2. Le temple
Nous sommes le temple de Dieu, la maison de Dieu. Quels sont les caractéristiques de ce temple ?
Dieu y est présent , il choisit d'y résider. Bien sûr, Dieu est présent partout (omniprésent) mais sa présence prend diverses formes : dans l'Eglise, il est une présence spéciale pour la rencontre. Le tabernacle était appelé la " tente de la rencontre ", et c'est là que Dieu donnait rendez-vous à son peuple pour le rencontrer. L'Eglise, faite des pierres vivantes que nous sommes, est le lieu où Dieu réside et où il veut être rencontré.
On ne se présente pas au Seigneur les mains vides : on apporte son offrande, son hommage. Nous sommes appelés à présenter notre culte au Seigneur dans l'Eglise. Il ne veut plus des sacrifices animaux que l'on présentait dans le temple de Jérusalem, sacrifices qui ont été abolis puisqu'ils ne représentaient qu'une figure du sacrifice unique et parfait accompli une fois pour toutes sur la croix par Jésus-Christ notre Seigneur. Mais nous sommes toujours invités à apporter des sacrifices spirituels qui plaisent à Dieu : le fruit de lèvres qui confessent son nom (Hébreux 13 :15), mais aussi les offrandes qui vont servir aux frères et soeurs, et plus largement le sacrifice de tout ce que nous avons et pouvons être. " Offrez votre corps en sacrifice vivant et saint " (Romains 12 :1). Voilà ce qui est agréable à Dieu. Or nous avons tendance à venir au culte pour recevoir ! Nous perdons la pensée que le Seigneur veut que nous lui apportions, ensemble, un hommage qui lui plait. Il ne se contente pas du culte personnel, Il veut aussi le sacrifice de la louange communautaire.
La sainteté : " La sainteté convient à ta maison. " (Psaume 93 :5). Rien de souillé ni d'impur n'est tolérable en la présence de Celui qui est Saint, dans ce qui est la propriété de Dieu, là où il est lui-même. Les pierres vivantes qui doivent être assemblées sont taillées et polies pour occuper exactement leur place dans la muraille du temple ainsi que Dieu l'a voulu.
La construction progressive : c'est à travers le temps que ce temple s'édifie. Il s'élève pour être une habitation de Dieu en Esprit, mais il n'est pas encore achevé (1 Corinthiens 3 :9-10).
3. L'Epouse
L'Apocalypse nous présente avec force l'image de l'Eglise comme l'Epouse qui se prépare dès l'Ancien Testament. Le mot " épouse ", dans Ephésiens 5, désigne la mariée en vue du jour des noces. Nous avons déjà été rachetés par le Christ qui s'est livré lui-même pour nous, mais il est en train de nous préparer pour ce jour-là. C'est une " toilette de mariée " qui dure depuis presque 2000 ans pour que l'Eglise soit belle pour le marié ! C'est parce que l'Eglise est l'épouse, que le Christ s'est livré lui-même pour elle et l'a aimée jusqu'à la passion. Ce titre d'Epouse rappelle principalement l'amour de notre Seigneur. Corrélativement, il implique la soumission joyeuse de l'Eglise à son Chef, à sa tête qui est le Seigneur.
4. Le corps
Cette image ne se trouve que chez Paul : nous sommes " corps du Christ ". Dans les toutes dernières épîtres qu'il a écrites, l'apôtre parle du Christ comme de la " tête " du corps, ce qui ne signifie pas que si le Christ n'avait pas l'Eglise, il serait comme une tête décapitée, sans moyen d'action. Ce n'est pas la perspective biblique. Il faut comprendre que le Christ est la " tête " du corps comme le mari est le chef de la femme, qu'il ne faut donc pas donner au corps qu'est l'Eglise les prérogatives du chef. Il est important de bien comprendre que même s'il plait au Christ de se servir de nous, il la fait comme il l'entend et garde sa pleine liberté d'action.
Lorsque Paul parle de l'Eglise comme d'un corps, il souligne sa diversité unifiée (Romains 12 et 1 Corinthiens 12). Il emploie cette image pour dire aux membres de l'Eglise : vous n'êtes pas tous les mêmes, vous avez des fonctions diverses, des dons différents, et c'est ce qui vous lie les uns aux autres. Dans un corps coexistent des fonctions très diverses, et c'est ainsi que le corps est beau, qu'il vit, qu'il est efficace. La pluralité donnée par Dieu des dons, des tempéraments, des capacités, doit unir les membres comme un seul corps au lieu d'être une source de jalousie et de division,. Dans Ephésiens 4, Paul développe aussi la notion de croissance vivante : un corps est appelé normalement à grandir, ce qui signifie que la croissance est la suite naturelle de la vie qui est donnée et qui lie les uns aux autres les membres du corps.
D'autre part, il est intéressant de faire le lien entre l'Eglise comme " corps ", au sens imagé de " corps spirituel ", et nos corps humains, au sens physique du terme. Il semble que pour qu'il y ait une union vivante constituant un seul ensemble, il faille passer par la médiation du corps. Nous ne sommes pas de purs esprits comme les anges (il ne semble pas que les anges constituent un corps) et nous communiquons les uns avec les autres : nous sommes membres les uns des autres parce que nous avons des corps. A cause de cela, Dieu a voulu que son Eglise qui est invisible en sa réalité la plus intime (c'est le Saint-Esprit qui unit les coeurs), ait aussi une expression visible. Et l'Eglise locale en particulier, qui concrétise l'Eglise universelle, est cette face visible. Sans cela, la communion spirituelle ne pourrait se constituer.
III - Les signes donnés à l'Eglise
Pour structurer cette expression visible de la réalité de l'Eglise, Dieu a tout spécialement donné deux signes : un bain et un repas. Le bain (le baptême) marque l'agrégation à ce corps, l'accès à la citoyenneté nouvelle. Le repas (le signe du pain et du vin) marque le renouvellement de ce qui nous unit les uns aux autres, il nous rappelle constamment quelle est la source de l'unité vivante qui nous constitue en un seul corps et fait de nous l'Epouse du Seigneur qui attend avec patience et impatience à la fois. C'est le repas de l'espérance qui marque tout spécialement que l'unité en un seul corps qui est la nôtre vient de Jésus-Christ. Le pain que nous rompons est le double rappel du don du corps de Jésus-Christ à la croix pour nous et de ce que ce don même nous constitue comme un seul corps, son corps spirituel.
La deuxième partie de cette étude vous a déjà été proposée dans le numéro .de Juillet/août 2004 .du Bon Combat.
Ephésiens 5 : 26 à 32
L'Eglise, dans la perspective de la Bible entière, est ce à quoi conduit l'oeuvre de Jésus-Christ le Fils de Dieu et celle du Saint-Esprit, envoyé précisément pour faire fructifier l'oeuvre de Jésus-Christ. Le Christ a souffert la croix en vue de la joie qui lui était proposée, celle de voir se constituer l'Eglise. C'est pour l'Eglise qu'il s'est lui-même livré, c'est l'Eglise qui semble avoir été le but de l'oeuvre de Dieu. Dès avant la fondation du monde, le Père a conçu son plan, a envoyé son Fils et son Esprit pour que l'Eglise soit.
On peut aisément imaginer une objection à ce propos : " Le but visé par Dieu dans le déroulement de toute son oeuvre, n'est-ce pas sa gloire ? " C'est en effet pour la gloire de Dieu que toute chose finalement se déroule, et la vision finale de l'Apocalypse nous montre le terme de toutes les voies de Dieu : de nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justice habitera.
L'Eglise, but de l'oeuvre de Dieu, n'est pas en contradiction avec cela. Car la gloire de Dieu est le rayonnement de sa bonté, le resplendissement de ce qu'il est, et le miroir dans lequel la lumière de la bonté divine resplendit est l'Eglise. C'est la gloire de Dieu que l'Eglise fait briller (Ephésiens 3), l'Eglise est le lieu même où cette gloire veut briller à jamais.
Au coeur du monde nouveau, dans la vision de l'Apocalypse, se trouve Jérusalem. Or Jérusalem est le nom donné à l'Eglise parvenue à sa plénitude finale, dans toute sa pureté ! Actuellement, l'état de l'Eglise est, comme le disait Calvin, celui d'une "pauvrette Eglise ". Mais elle sera le centre même du monde nouveau. Et dès le temps présent , nous qui faisons partie de l'Eglise de Dieu, sommes appelés " les prémices des nouveaux cieux et de la nouvelle terre " (Jacques 1 :18).
L'Ecriture parle de l'Eglise principalement de deux façons : (1) l'Eglise universelle, qui rassemble tous les enfants de Dieu de tous les temps et en tous lieux, et (2) les Eglises locales. Ce sont ces deux usages que l'on repère dans le Nouveau Testament, l'un et l'autre étant employés chacun une fois par Jésus lui-même. On ne sait pas avec certitude quels sont les mots que Jésus a employés (probablement en araméen ou en hébreu), mais dans la traduction grecque, c'est le mot ekklèsia - Eglise - qui est employé dans les deux cas. Si le même mot est employé, c'est bien sûr parce qu'il existe un lien : l'Eglise locale doit être autant que possible, dans un lieu et dans un temps donnés, la concrétisation, l'image fidèle de l'Eglise universelle.
I - L'Eglise avant l'Eglise
Parler de l'Eglise avant l'Eglise, c'est poser la question : " Pourquoi l'Eglise ? "
Une réponse très générale pourrait être parce que cela plait à Dieu ! C'est sa volonté et cela pourrait suffire ! Mais allons plus loin...
Nous pouvons constater que cette volonté de Dieu est présente dès le début de l'histoire de Dieu avec l'humanité. La première chose dite par Dieu à propos de l'être humain est : " Il n'est pas bon que l'homme soit seul " (Genèse 2). Certes, l'individu compte aux yeux de Dieu qui nous connaît chacun par notre nom. Mais il ne veut pas que nous soyons simplement des individus juxtaposés. Le propre de l'être humain est un noyau irréductible qui fait qu'il est lui-même et non un autre. Cet unique, Dieu le connaît, le veut comme tel, et l'a prédestiné dès avant la fondation du monde. Mais il existe aussi une dimension selon laquelle les humains sont membres les uns des autres : ils tiennent les uns aux autres, dépendent les uns des autres, sont influencés, éduqués, informés les uns par les autres. Nous sommes ainsi faits et cela fait partie de notre être. On sait d'ailleurs que les enfants qui ne reçoivent pas les soins de personnes humaines, même s'ils peuvent subsister physiquement, ne se développent pas humainement. L'être humain est un être relationnel, un être communautaire, et cela nous montre que la volonté de Dieu est un salut qui aboutit à une communauté, à l'ensemble lié qu'est l'Eglise, et non à une simple addition d'individus sauvés.
Il faut nous rappeler que, s'il n'est pas bon que l'homme soit seul, Dieu, qui l'a créé en son image, n'est pas seul non plus. Il est unique, un seul Dieu, mais il n'est pas solitaire, car il est Père, Fils et Saint-Esprit. En Dieu sont plusieurs personnes, il est lui aussi une communauté, il possède en lui-même la richesse de la vie de relation. C'est la raison même pour laquelle il a voulu que l'être humain, créé en son image, soit un être qui vive communautairement.
On voit comment Dieu a voulu que sa grâce se déploie dans une vie communautaire dès l'Ancien Testament. Citons pour exemples : - la lignée de Seth dans Genèse 4; - la famille de Noé : Dieu a voulu sauver Noé avec toute sa famille même si seul Noé était " juste et intègre " ; - la lignée d'Abraham et sa postérité, avec qui Dieu constitue une alliance qui les lie aussi les uns aux autres ; - puis la reprise de l'alliance lorsque les descendants d'Israël sont constitués en nation sainte, mise à part pour appartenir spécialement à Dieu. Or il apparaît très vite que ce peuple n'était pas homogène : c'était un peuple où se mélangeaient d'authentiques croyants et de nombreuses personnes qui n'étaient israélites qu'extérieurement ; - Les prophètes ont développé deux thèmes liés l'un à l'autre : le premier est celui du reste fidèle qui hérite des promesses, qui constitue le véritable Israël et hérite du salut. Cela démontre qu'il ne suffit pas d'être né selon la chair israélite pour bénéficier de la grâce de Dieu. Le deuxième est le thème d'un grand tri : une séparation va se produire, un jour vient où la distinction apparaîtra. Dieu va passer au crible la nation et séparer les pécheurs impénitents et ceux qui croient en son nom. Cela correspond aux promesses d'Esaïe qui annonce que la future Jérusalem ne sera composée que de justes et que tous ses fils connaîtront l'Eternel ; - Plusieurs siècles passent sans nouveau prophète, jusqu'à ce qu'un homme s'impose comme prophète véritable de Dieu : Jean annonce que le grand tri est arrivé et propose un geste symbolique, un bain pa r lequel ceux qui acceptent de se repentir reconnaissent qu'ils ont besoin d'être purifiés et se mettent du côté de Celui qui vient.
Cette cohérence tout au long de l'Ecriture, la force de la volonté que marque le Seigneur de lier les uns aux autres ceux qui sont au bénéfice de sa grâce, c'est la préparation de l'Eglise. Un chrétien qui se complait dans l'isolement est très suspect bibliquement.
II - Quatre images de l'Eglise
Le Nouveau Testament emploie quatre images principales pour décrire cette Eglise qui, après le ministère de Jean Baptiste, a été bâtie par le Seigneur Jésus-Christ et par son Esprit.
1. Le peuple ou la cité
L'Eglise est le peuple de Dieu, c'est l'Israël spirituel et non plus charnel. Elle est aussi appelée la Jérusalem d'en haut. C'est l'image " politique " de l'Eglise.
Elle est constituée par les personnes, et non par un bâtiment de pierre ou de béton. Il en est de même pour la reprise de l'image du tabernacle. En toute rigueur, le Tabernacle était un temple portatif léger. Or l'Ecriture dit très clairement que nous sommes le temple du Seigneur.
L'Eglise implique une citoyenneté : il faut avoir droit de cité. Nous l'avons acquise par la grâce de Dieu. Elle est une cité, céleste dans son origine, dont tous les fils sont instruits de l'Eternel d'une manière personnelle et dans laquelle on entre par la nouvelle naissance et l'adoption divine. Tout peuple, toute cité, a une constitution, une charte avec des lois, des services, des officiers : il en est de même dans l'Eglise. La charte de l'Eglise est la Bible, la confession de foi et les statuts correspondent à la " cité de l'Eglise ".
2. Le temple
Nous sommes le temple de Dieu, la maison de Dieu. Quels sont les caractéristiques de ce temple ?
Dieu y est présent , il choisit d'y résider. Bien sûr, Dieu est présent partout (omniprésent) mais sa présence prend diverses formes : dans l'Eglise, il est une présence spéciale pour la rencontre. Le tabernacle était appelé la " tente de la rencontre ", et c'est là que Dieu donnait rendez-vous à son peuple pour le rencontrer. L'Eglise, faite des pierres vivantes que nous sommes, est le lieu où Dieu réside et où il veut être rencontré.
On ne se présente pas au Seigneur les mains vides : on apporte son offrande, son hommage. Nous sommes appelés à présenter notre culte au Seigneur dans l'Eglise. Il ne veut plus des sacrifices animaux que l'on présentait dans le temple de Jérusalem, sacrifices qui ont été abolis puisqu'ils ne représentaient qu'une figure du sacrifice unique et parfait accompli une fois pour toutes sur la croix par Jésus-Christ notre Seigneur. Mais nous sommes toujours invités à apporter des sacrifices spirituels qui plaisent à Dieu : le fruit de lèvres qui confessent son nom (Hébreux 13 :15), mais aussi les offrandes qui vont servir aux frères et soeurs, et plus largement le sacrifice de tout ce que nous avons et pouvons être. " Offrez votre corps en sacrifice vivant et saint " (Romains 12 :1). Voilà ce qui est agréable à Dieu. Or nous avons tendance à venir au culte pour recevoir ! Nous perdons la pensée que le Seigneur veut que nous lui apportions, ensemble, un hommage qui lui plait. Il ne se contente pas du culte personnel, Il veut aussi le sacrifice de la louange communautaire.
La sainteté : " La sainteté convient à ta maison. " (Psaume 93 :5). Rien de souillé ni d'impur n'est tolérable en la présence de Celui qui est Saint, dans ce qui est la propriété de Dieu, là où il est lui-même. Les pierres vivantes qui doivent être assemblées sont taillées et polies pour occuper exactement leur place dans la muraille du temple ainsi que Dieu l'a voulu.
La construction progressive : c'est à travers le temps que ce temple s'édifie. Il s'élève pour être une habitation de Dieu en Esprit, mais il n'est pas encore achevé (1 Corinthiens 3 :9-10).
3. L'Epouse
L'Apocalypse nous présente avec force l'image de l'Eglise comme l'Epouse qui se prépare dès l'Ancien Testament. Le mot " épouse ", dans Ephésiens 5, désigne la mariée en vue du jour des noces. Nous avons déjà été rachetés par le Christ qui s'est livré lui-même pour nous, mais il est en train de nous préparer pour ce jour-là. C'est une " toilette de mariée " qui dure depuis presque 2000 ans pour que l'Eglise soit belle pour le marié ! C'est parce que l'Eglise est l'épouse, que le Christ s'est livré lui-même pour elle et l'a aimée jusqu'à la passion. Ce titre d'Epouse rappelle principalement l'amour de notre Seigneur. Corrélativement, il implique la soumission joyeuse de l'Eglise à son Chef, à sa tête qui est le Seigneur.
4. Le corps
Cette image ne se trouve que chez Paul : nous sommes " corps du Christ ". Dans les toutes dernières épîtres qu'il a écrites, l'apôtre parle du Christ comme de la " tête " du corps, ce qui ne signifie pas que si le Christ n'avait pas l'Eglise, il serait comme une tête décapitée, sans moyen d'action. Ce n'est pas la perspective biblique. Il faut comprendre que le Christ est la " tête " du corps comme le mari est le chef de la femme, qu'il ne faut donc pas donner au corps qu'est l'Eglise les prérogatives du chef. Il est important de bien comprendre que même s'il plait au Christ de se servir de nous, il la fait comme il l'entend et garde sa pleine liberté d'action.
Lorsque Paul parle de l'Eglise comme d'un corps, il souligne sa diversité unifiée (Romains 12 et 1 Corinthiens 12). Il emploie cette image pour dire aux membres de l'Eglise : vous n'êtes pas tous les mêmes, vous avez des fonctions diverses, des dons différents, et c'est ce qui vous lie les uns aux autres. Dans un corps coexistent des fonctions très diverses, et c'est ainsi que le corps est beau, qu'il vit, qu'il est efficace. La pluralité donnée par Dieu des dons, des tempéraments, des capacités, doit unir les membres comme un seul corps au lieu d'être une source de jalousie et de division,. Dans Ephésiens 4, Paul développe aussi la notion de croissance vivante : un corps est appelé normalement à grandir, ce qui signifie que la croissance est la suite naturelle de la vie qui est donnée et qui lie les uns aux autres les membres du corps.
D'autre part, il est intéressant de faire le lien entre l'Eglise comme " corps ", au sens imagé de " corps spirituel ", et nos corps humains, au sens physique du terme. Il semble que pour qu'il y ait une union vivante constituant un seul ensemble, il faille passer par la médiation du corps. Nous ne sommes pas de purs esprits comme les anges (il ne semble pas que les anges constituent un corps) et nous communiquons les uns avec les autres : nous sommes membres les uns des autres parce que nous avons des corps. A cause de cela, Dieu a voulu que son Eglise qui est invisible en sa réalité la plus intime (c'est le Saint-Esprit qui unit les coeurs), ait aussi une expression visible. Et l'Eglise locale en particulier, qui concrétise l'Eglise universelle, est cette face visible. Sans cela, la communion spirituelle ne pourrait se constituer.
III - Les signes donnés à l'Eglise
Pour structurer cette expression visible de la réalité de l'Eglise, Dieu a tout spécialement donné deux signes : un bain et un repas. Le bain (le baptême) marque l'agrégation à ce corps, l'accès à la citoyenneté nouvelle. Le repas (le signe du pain et du vin) marque le renouvellement de ce qui nous unit les uns aux autres, il nous rappelle constamment quelle est la source de l'unité vivante qui nous constitue en un seul corps et fait de nous l'Epouse du Seigneur qui attend avec patience et impatience à la fois. C'est le repas de l'espérance qui marque tout spécialement que l'unité en un seul corps qui est la nôtre vient de Jésus-Christ. Le pain que nous rompons est le double rappel du don du corps de Jésus-Christ à la croix pour nous et de ce que ce don même nous constitue comme un seul corps, son corps spirituel.
La deuxième partie de cette étude vous a déjà été proposée dans le numéro .de Juillet/août 2004 .du Bon Combat.
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