Lire la Bible, pourquoi et comment ?
Vous, pourquoi lisez-vous la Bible et comment la lisez-vous ?
ou, si vous ne la lisez pas, pourquoi ne la lisez-vous pas ?
Les études menées établissent que les chrétiens lisent de moins en moins la Bible régulièrement.
Des arguments sont évoquées :
1) je n’aime pas lire - je ne lis jamais rien ou très peu.
2) j’ai essayé, mais je n’ai rien compris. C’est trop difficile.
Témoignage. La Bible, je l’ai rencontrée adolescent. J’ai commencé à lire la Bible comme le livre qui raconte l’histoire de Jésus. On m’avait parlé de Jésus. Ça avait suscité mon intérêt. Donc j’ai commencé à lire la Bible pour le découvrir, découvrir sa vie, son enseignement. Puis j’ai lu un peu au delà des évangiles. Je n’ai pas tout lu, loin de là. Il y a beaucoup de textes qui ne m’ont pas intéressé. Je n’étais pas croyant. je ne lisais donc pas par devoir. C’était même un peu bizarre pour moi de lire la Bible. Et puis, il s’est passé quelque chose, une rencontre. La Bible a provoqué entre Jésus et moi une rencontre. A un moment, Jésus n’était plus le personnage d’un livre. Jésus est devenu vivant. J’ai cru en lui. J’ai cru en celui dont la Bible parle. J’ai cru que sa vie, sa mort avait à voir avec ma propre vie. J’ai ressenti qu’en Jésus se jouait ma vie. Jésus a représenté alors la possibilité d’une ré-orientation profonde. Cela s’appelle une conversion !
Je suis passé d’une lecture curieuse à une lecture croyante. La Bible m’a raconté l’histoire de Jésus et m’a fait entrer, moi, dans cette histoire.
Autour de moi, certains disaient : la Bible c’est la Parole de Dieu. Mais ça ne voulait rien dire pour moi. Beaucoup de ceux qui disaient ça, ne comprenaient d’ailleurs pas ce qu’ils disaient !
Je lis la Bible depuis 35 ans et je commence tout juste à comprendre ce que signifie qu’elle est Parole de Dieu. Aujourd’hui, je lis toujours la Bible parce qu’elle me parle du Christ ou plutôt, parce que par la Bible, c’est le Christ qui me parle. Par la Bible, le Christ me parle. Il me parle de lui et du Père, de Lui et de moi, de Lui et des hommes ; de moi et des hommes. Il me parle de toi, de moi et de toi. Il me parle de la vie qu’il donne ; il me parle de la vraie sainteté ; de la vraie justice.
Par la Bible, je découvre la tendresse de Dieu et la sévérité de Dieu ; sa patience et sa colère, et tout me conduit vers la Croix où se manifeste son amour. Pour comprendre que la Croix manifeste l’amour de Dieu, j’ai besoin de toute la Bible ; j’ai besoin de Moïse et des prophètes. J’ai besoin de la Bible pour comprendre ce que veut dire : Dieu est amour ! La Croix est amour : sans la lumière de la Bible cette parole n’a pas de sens.
Voilà pourquoi je continue à lire la Bible.
Je ne la lis pas comme un code de lois. Je la lis comme la parole de celui en qui j’ai toute confiance.
Ces paroles du psaume 119/103 sont les miennes :
« Que tes paroles sont douces à ma bouche,
plus que le miel à mon palais !
Par tes directives je deviens intelligent,
aussi je déteste toute vois de mensonge.
Ta Parole est une lampe pour mes pieds,
Une lumière pour mon sentier. »
Je vous ai dit pourquoi je lisais la Bible.
Laissez moi vous dire maintenant comment la lire.
Mais c’est tellement compliqué la Bible ! Je n’y comprends rien !
La Bible compliquée ? Et bien, oui ! Vous avez raison, ce n’est pas un livre facile. L’apôtre Pierre écrit dans sa seconde lettre, qu’il y a chez saint Paul « des passages difficiles à comprendre ». Donc, vous avez raison, c’est difficile.
Mais faut-il renoncer pour autant ? Les choses fortes de notre vie ne demandent-elles pas toujours des efforts ?
Lire la Bible, c’est partir à la découverte de Dieu. C’est voir être détruit tout ce que nous croyons instinctivement de Dieu, pour faire la place à la vérité que Dieu révèle de lui même.
Vous voudriez que ce soit facile ?
Lire la Bible, c’est apprendre à se connaître soi même selon le regard de Dieu. C’est exigeant !
Lire la Bible bouge notre vie, nous transforme. C’est une aventure. Ce ne peut pas être facile !
Mais attention, une chose peut être exigeante et agréable. La difficulté ne rend pas la chose automatiquement désagréable.
Sommes-nous de ceux qui fuient les difficultés, qui renoncent devant l’effort ?
Deux difficultés peuvent être surmontés.
1) Un a priori erroné. Nous concevons lire la Bible, comme un acte d’abord individuel, solitaire. Tout bon chrétien lit sa Bible chez lui, tout seul ! La lecture de la Bible est en encore davantage au risque de devenir une sorte de devoir religieux. As-tu fait ton devoir ?...
Mais la lecture de la Bible doit être vécue comme une rencontre !
Comment faisaient les chrétiens avant Gutemberg, avant l’invention de l’imprimerie, comment les chrétiens faisaient-ils ?
Néhémie ch 8.
Luc ch 4,16 à 21. Ils l’écoutaient ensemble. C’est une des raisons d’être de nos cultes, de nos rencontres diverses. Le récit de Néhémie rappelle ce rassemblement du peuple qui ensemble écoute la Loi et en reçoit l’explication afin de la comprendre. Il y a un enjeu éducatif et pédagogique. Bien sûr, si tu aimes la lecture en général, tu liras beaucoup plus facilement la Bible que si tu n’aimes pas lire, mais lire la Bible est aussi un acte communautaire. C’est même sa première dimension.
L’Eglise propose des temps de lecture en commun. En Eglise, nous apprenons ensemble à lire la Bible. C’est ce que nous faisons le mercredi. Nous lisons et nous partageons nos découvertes. Dans les groupes bibliques nous découvrons la Bible ensemble, dans sa diversité, dans sa richesse, dans sa complexité et cela nous fait du bien, beaucoup de bien. Moi, je reçois énormément par les temps où ensemble nous nous penchons sur les Ecritures et nous partageons nos découvertes.
Ensemble nous apprenons à lire nous apprenons à lire la Bible ; puis si nous aimons la lecture nous nous mettons à lire tout seul, parfois tout le temps. Mais il a fallu apprendre à lire ; découvrir la joie d’histoires nouvelles.
L’Eglise c’est l’école où l’on apprend à lire la Bible. Toutes les questions, toutes les difficultés, vous avez le droit de les exprimer, puisse que vous les éprouver. Pourquoi cacheriez-vous vos questions. Au contraire il faut les manifester pour que nous puissions les considérer ensemble.
2 Pierre 1, 20/21 : « Aucun message de prophète dans l’Ecriture ne relève d’une interprétation particulière... ». C’est l’exemple d’un texte un peu difficile, mais dont la ligne de sens, pour nous, serait la suivante : « Nul ne doit se faire le Maître de la Bible » La compréhension de la Bible vient de l’Esprit qui se manifeste dans l’Eglise de Jésus Christ ».
Même si, comme moi vous êtes des passionnés de lecture, la Bible demande aussi à être lue avec d’autres.
2) La deuxième difficulté est une difficulté de vocabulaire. Nous disons : “LIRE” la Bible. Mais, strictement parlant “lire” n’est qu’un terme technique. Le but n’est pas de “lire” mais de connaître, de comprendre, d’aimer. L’acte technique de lire n’a pour but que mieux connaître et comprendre la révélation de Dieu. Paul écrit à Timothée,(2-3,16) « Tu connais les Ecritures... ». Le but est de connaître.
On ne lit pas la Bible comme on lit un roman ou le journal.
Psaume 42 : « J’ai soif, j’ai soif du Dieu vivant ». Nous lisons par besoin de Dieu, par besoin d’être aimé de Dieu, par amour pour Dieu, en aimant sa Parole, en la recherchant, en l’écoutant.
Que lire la Bible soit comme une petite fête. C’est dans l’esprit du culte, l’esprit de reconnaissance, de louange, d’écoute, de besoin que nous ouvrons la Bible.
Nous ouvrons la Bible comme un privilège, avec reconnaissance. Attention, l’imprimerie industrielle a banalisé la Bible. Elle a perdu à nos yeux sa valeur. C’est comme l’eau dont chaque goutte est si précieuse au cœur de l’Afrique et que nous, nous gaspillons en Europe.
Attention lire des livres chrétiens, même bourrés du versets, n’est pas lire la Bible. Lire la Bible c’est unique.
Lire la Bible, c’est aussi apprendre à prier. Voici un enjeu majeur : on apprend pas vraiment à prier en dehors de la Bible.
Lire la Bible, nourrir notre prière de la Bible, c’est être invité à entrer peu à peu dans l’intimité de Dieu.
Ne pas lire la Bible, c’est maintenir Dieu à distance, être son voisin, pas son enfant.
Que le Seigneur vous bénisse par sa Parole
jeudi 29 mai 2008
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